Chez moi, c’est l’anxiété

Chez moi, c’est l’anxiété

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Source, Mondoblog.org

De coutume, je rentre de Kamatane, mon village, ravigoté et radieux.
Ce dernier voyage m’a laissé plus qu’anxieux.

Je n’ai pas souvenance d’un niveau de la pluviométrie aussi faible en une telle période de l’année.
Deux seules pluies depuis juin !

Une première comme souvent pas assez importante puis une deuxième, beaucoup plus abondante, deux semaines après.
Elle avait suscité l’espoir et pressé les agriculteurs à semer leurs graines.

Les cultures ne mirent pas de temps à pousser et les travaux champêtres semblaient enfin lancés.
Seulement, plus de quatre semaines se sont écoulées sans qu’aucune goutte d’eau ne soit tombée du ciel.
Les fortes températures ont naturellement favorisé une rapide augmentation de l’évaporation de l’eau conduisant à un assèchement progressif des sols.

Le doute envahit de plus en plus les esprits avec le début de la fanaison de certaines cultures.
Si pour certains le souci principal réside dans la difficulté de se procurer de nouvelles semences, d’autres se préoccupent déjà de savoir comment ils survivront toute une année sans avoir récolté la moindre graine.

En effet, depuis quelques années, les semences sont une réelle source de préoccupation. L’état s’est peu à peu désengagé et il convient désormais de s’en procurer soi-même. Il faut alors, soit constituer une réserve à partir de la sélection des meilleures graines de la récolte précédente, soit en trouver dans le marché à des coûts souvent inaccessibles pour la majorité des cultivateurs.

Il est également à préciser que l’hivernage précédent a été un succès avec l’expérimentation de la culture du riz qui avait donné des résultats plus que satisfaisants. La production obtenue avait permis aux populations de Kamatane ,mais aussi à celles des villages environnants d’assurer une bonne partie de leur consommation en riz. Les craintes sont donc tout à fait justifiées quand on sait que la riziculture nécessite une abondante pluviométrie.

Il faut aussi noter que la rareté des pluies n’affecte pas seulement les agriculteurs.
Les éleveurs au même titre sont dans une incertitude totale. Les premières pluies semblaient venir soulager le bétail de la longue période de sécheresse marquée par le tarissement des points d’eau, mais également le déclin des pâturages.

Le manque d’eau et de nourriture affecte sérieusement les troupeaux. L’herbe qui avait poussé avec les premières pluies n’a pas atteint une hauteur permettant aux ruminants de la brouter. Certaines vaches, efflanquées donnent de la peine à voir. Elles manquent de forces et éprouvent des fois le besoin qu’on les aide à se relever.

Le lait qui occupe une importante place dans l’alimentation des populations est d’une extrême rareté, car les vaches n’en produisent plus assez.
Ainsi, certains pasteurs n’hésitent plus à vendre pour de modiques sommes les bêtes afin d’acheter des aliments mais aussi pour éviter de les voir mourir de faim.

La situation que l’on vit présentement est inédite. Il n’hésite pas d’habitants à Kamatane pouvant témoigner d’un fait similaire dans le passé. Jamais ils ne sont restés jusqu’au mois d’août avec une pluviométrie si faible.

Ce phénomène pourrait avoir des conséquences désastreuses au niveau national, car la quasi-totalité des régions du pays est confrontée au même problème.

En définitive, la production agricole ainsi que les activités pastorales sont sérieusement menacées et un retour imminent des précipitations semble impératif afin de sauver le monde rural d’une éventuelle famine.

Tel est ce qu’on a vécu chez moi, il y a quelques mois.

 

C’est avec ce texte que j’ai été sélectionné parmi les blogueurs de la saison 4 de Mondoblog.

Il convient de comprendre que les pluies sont revenues et avec elles, l’espoir.
Les productions agricoles même si elles ne seront pas aussi importantes que pendant les années précédentes seront d’après les estimations assez correctes. Les activités pastorales également ont bien repris et le lait est à nouveau abondant.

Cela est valable pour presque beaucoup de localités du Sénégal même s’il faut reconnaître que dans certaines zones il faudra que l’État active un plan d’urgence, car les productions agricoles seront très médiocres voire nulles.

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