Sénégal : le dilemme de l’interdiction des Cars Rapides

On ne peut vivre à Dakar sans les remarquer. Ils font parti du décor de la capitale sénégalaise. Pourtant, l’avenir des Cars Rapides est menacé…

Leur existence remonte déjà à de nombreuses décennies et ils constituent en cela un patrimoine historique réel pour le Sénégal. Les « cars rapides » semblent traverser les générations.

Cependant, les dérives fréquentes dont ils sont coupables remettent perpétuellement à jour le débat sur le danger qu’ils représentent et la nécessité de les rayer de la circulation. Les accidents dont ils sont la cause ne cessent de se multiplier et il parait nécessaire que des mesures urgentes soient prises. Certaines personnes plus radicales soutiennent tout bonnement que leur ôter le droit de circuler.

Ces véhicules sont par ailleurs une menace pour l’environnement, étant considérés comme de très grands pollueurs.

Les conséquences d’une suppression pure et simple

C’est vrai qu’il s’agit d’une question très sérieuse. Seulement, il ne faut pas se limiter à dire que les véhicules de ces types ne doivent plus circuler ou ne doivent plus être utilisés à des fins de transport en commun. Mais a-t-on imaginé l’effet que leur interdiction immédiate produirait ?

Combien de Dakarois se réveilleraient incapables de gagner leurs lieux de travail ou même de se mouvoir sans difficulté ?

Je me souviens que lorsque les minibus « tata »  sont arrivés, on parlait de la disparition progressive des « cars rapides » et autres « ndiaga ndiaye » du parc automobileLeur arrivée a été d’une contribution essentielle mais a-t-elle était suffisante ?

Si elle l’était, les gens ne s’amuseraient plus, ne se suicideraient plus devrais-je dire à prendre ces véhicules au dépend de leur vie. Personne ne monte dans un car rapide par simple plaisir, comme par ailleurs ils ne prennent pas les minibus surchargés juste parce qu’ils en rêvent. S’ils trouvaient mieux, ils n’entreraient plus dans ces véhicules et du coup, ceux qui sont dans ce business seraient obligés de retirer leurs véhicules et de se conformer aux normes.

Le Dakarois prend ce qu’il trouve

Le véritable problème à mon sens est qu’il n’y a pas assez de véhicules de transport en commun à Dakar. Et la population se résout à prendre ce qu’on lui propose.

Le gouvernement de Wade l’avait à un moment compris, avec la création de Dakar Dem Dik et l’installation de l’usine de montage des bus « tata ». Cela avait véritablement soulagé les populations mais nous n’étions pas allé au bout de la démarche.

Dakar Dem Dik a même perdu plus de la moitié de son parc à cause d’un défaut de renouvellement et de l’obsolescence de ses véhicules. Les « tata » ont également ont été victimes des surcharges excessives pour se muer en cousins des « cars rapides ».

Récemment, la capitale sénégalaise a assisté à  l’arrivée de nouveaux bus Dakar Dem Dikk et de « tata ». Mais une fois encore, la tâche est grande et il convient que l’Etat y mette du sien.

Dans ma conception des choses, on peut tuer les « cars rapides » et autres « ndiage ndiaye » sans pour autant proclamer ou décréter leur disparition. Il suffit juste de donner aux Sénégalais des moyens beaucoup plus sûrs et accessibles pour se déplacer.

  • Car Rapide : véhicule de transport en commun utilisé pour les trajets urbains.
  • Car Ndiaga Ndiaye: véhicule de transport en commun utilisés autant pour les trajets urbains que pour les grandes traversées nationales.
  • Dakar Dem Dikk : Société de transport en commun dans la capitale sénégalaise.
  • Tata : Bus de marque indienne montés au Sénégal même.

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