Sénégal : le PDS interdit de meeting

Abdoulaye Wade devant ses partisants

Abdoulaye Wade devant ses partisans. Source : leral.net

L’actualité politique du Sénégal est dominée depuis une certaine période par l’interdiction du meeting du Parti démocratique sénégalais (PDS) et de ses alliés prévu pour ce 21 novembre.

En effet, le gouverneur de la région de Dakar a sorti un arrêté interdisant toute manifestation publique du 10 novembre au 5 décembre 2014, en raison du Sommet de la Francophonie. Cette mesure dénoncée par l’opposition, la société civile, les organisations des droits humains et même des membres de la majorité remet en cause le respect des libertés fondamentales au Sénégal.

Nous étions nombreux à combattre le régime d’Abdoulaye Wade.

Ce que les gens perdent de vue, c’est le fait que ce combat n’était pas dirigé contre un homme, mais contre un système qui était là et qui dans une certaine mesure n’est pas encore complètement démantelé.

Notre objectif premier fut d’instaurer au Sénégal une démocratie à toute épreuve. Un système où la liberté d’opinion et d’expression serait garantie.

Nous avions combattu avec ardeur pour le départ de Wade et de son régime. Je fus heureux qu’on ait gagné et je reste convaincu comme beaucoup de gens que c’était la meilleure attitude à adopter.

Seulement, pour le combat que j’ai mené, je ne peux comprendre encore moins tolérer que des citoyens ne puissent pas manifester leur souhait d’organiser un meeting politique.

Alors, j’estime que c’est tout simplement un recul démocratique que de restreindre la liberté de certaines personnes.

Surtout que cette interdiction est tout simplement basée sur des raisons purement fallacieuses.

Le trouble à l’ordre public  » redouté  » par le régime ne saurait être un motif pour interdire cette manifestation.

Le Sénégal manque-t-il de forces de l’ordre assez compétentes pour encadrer un tel rassemblement ?

Quand on sait que nos policiers et gendarmes sont déployés un peu partout dans le monde pour maintenir l’ordre dans les zones post-conflits, le doute quant à leur compétence ne saurait être valable.

Aussi, le sommet de la Francophonie, une organisation qui prône le respect des libertés démocratiques, pourrait-il servir de prétexte pour interdire toute manifestation sur une période aussi large ?

On le voit tous les jours dans les médias, les peuples des pays de grande démocratie profitent d’événements de cette envergure pour manifester, sans contrainte, aux yeux du monde entier.

Donc, un pays comme le Sénégal, dont la démocratie est qualifiée de mature, devrait trouver mieux à faire que d’interdire des libertés constitutionnelles.

Il faut également souligner un fait que je trouve indiscutable. Abdoulaye Wade reste un citoyen de ce pays; autant que nous tous. Il a ainsi le droit, comme tous, d’être présent sur le territoire national, de se mouvoir comme il souhaite et de participer au débat politique. Dire qu’il doit rester en dehors du pays et se taire est pour moi inacceptable.

Je trouve que tout citoyen de ce pays a parfaitement le droit et au-delà, l’obligation de participer de par son expertise au développement du pays. Tout citoyen est libre de donner son opinion sur la manière dont marchent les choses.

Le gouvernement au lieu de perdre du temps et de l’énergie sur ce  » non-événement  » devrait se concentrer encore plus sur la mission que nous lui avons assignée.

Et surtout, se souvenir que la marche tout comme le meeting sont des libertés prévues et garanties par la Constitution sénégalaise. Les interdire constitue tout simplement une flagrante violation de la loi constitutionnelle.

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