Sénégal, résultats catastrophiques au baccalauréat

Comme souvent, depuis le début de mon séjour à l’Ecole nationale des postes, j’observe une petite sieste après le déjeuner.

Ce dernier lundi, je n’ai pu compter sur la quiétude habituelle qui règne tout autour de l’établissement.

Tout près de trouver le sommeil, un bruit particulier m’alerta. Je quittai le lit pour voir à travers la fenêtre l’origine du vacarme. Il s’agissait d’un attroupement élèves en attente de la proclamation des résultats du baccalauréat. Le lycée Abdoulaye Sadji, en face de l’école faisait partie des centres où se déroulait l’examen. Une fois la porte de l’établissement ouverte, tout ce monde s’est rué à l’intérieur pour le moment redoutable de la proclamation des résultats.

J’eus de nombreux souvenirs à cette occasion. Je me rappelais que moi aussi j’avais dû patienter pour écouter si mon nom serait prononcé. Je repensais à l’anxiété qui caractérise de tels moments et de toutes les scènes auxquelles on assiste lors des délibérations.

Le lendemain, j’ai constaté à la lecture et à l’écoute des médias que le taux de réussite était très faible.

Dans certaines localités, des centres d’examen n’ont pu obtenir le moindre lauréat au premier tour. A Kaffrine par exemple, une région au centre du pays, les résultats sont particulièrement catastrophiques. Dans toute la circonscription régionale, la série L2 n’a enregistré qu’un seul admis au premier tour.

La situation est encore plus alarmante que le nombre de candidats admis à se présenter au deuxième tour est faible. Il est certain que le taux de réussite entrera dans les annales comme ceux des plus faibles de l’histoire.

Aussi, le taux de réussite ne cesse de s’affaiblir depuis de nombreuses années; ce qui est globalement inquiétant pour un pays avec des ambitions de croissance à moyen terme.

Il est à noter que paradoxalement, certains établissements ont affiché un taux de réussite excellent. La maison d’éducation Mariama Ba de Gorée par exemple a encore brillé avec un taux de réussite de 100%.

Les établissements d’enseignement privé s’en sortent également mieux que les écoles publiques qui apparemment, ont souffert des nombreux dysfonctionnements lors de l’année scolaire écoulée.

Le bilan est effroyable et les autorités ne doivent plus tarder à prendre des mesures afin de sauver un système au bord de la faillite. L’école sénégalaise vit une situation préoccupante et il urge de la soulager de ce malaise qui à terme pourrait ébranler notre espoir de rejoindre le cercle des nations émergentes.

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