Danger sur les routes de Dakar

Danger sur les routes de Dakar

Danger sur les routes de Dakar

Quelqu’un pour qui il s’agit du premier séjour à Dakar est sans doute déboussolé par beaucoup de choses. Naturellement, comme cela arrive à tous ceux qui quittent un lieu de résidence habituel pour fréquenter de façon définitive ou temporaire, brièvement ou longuement un autre endroit.

Dakar, comme par ailleurs toute autre capitale ou ville a ses déterminants, des caractéristiques qui font qu’il soit unique et spécial. Certainement qu’une personne qui l’aborde pour la première fois est impressionnée par la ferveur sur les routes à certaines heures mais aussi et surtout la coloration et l’aspect atypique de certains véhicules de transport en commun.

L’attitude des conducteurs peut également troubler la sensibilité d’un visiteur comme celle de quelqu’un qui a résidé pendant une longue durée au Sénégal.

Être sénégalais et avoir passé la majeure partie de mon existence à Dakar ne m’a pas permis de m’habituer aux excès constamment constatés dans la circulation automobile.

Entre véhicules en état désastreux et comportements irresponsables, les passagers et même les passants côtoient en permanence un danger manifeste.

La détresse guette à tous les niveaux. Que ce soit au carrefour en présence ou non de feux tricolores, au niveau d’un passage piétons, à un arrêt lors de la descente…

Les conducteurs de véhicules de transport en commun et des taxis sont ceux qui s’illustrent le mieux dans cette transgression des règles. La constatation est qu’ils sont les plus impliqués dans les incidents sur les routes et sont notoirement reconnus pour leurs manquements au respect du code de la route.

L’on ne dénombre plus les cas d’accident dans lesquels ils sont impliqués. Les statistiques font froid dans le dos.

Chaque fois que d’importantes pertes sont déplorées, le traitement qu’en fait la presse, le raisonnement qui s’en suit, produit chez le comportement des chauffeurs un effet réducteur, balayé aussi rapidement que disparait l’écho du son émis par les radios et télés.

Aucune conséquence n’est tirée de tous les drames survenus sur les routes. Ni par l’état ; par des mesures exemplaires et efficaces, ni par les chauffeurs ; par un comportement plus accompli.

Et, comme souvent, c’est au malheur de pauvres personnes que s’abattent tous ces actes irresponsables.

C’était le cas il y a moins d’un mois, lorsque tranquillement installé, sur un banc de l’espace public aménagé près de chez moi, pour fuir la chaleur de l’intérieur de la maison après une journée chargée, mon téléphone sonna.

Un cousin m’informait qu’il avait fait un accident et qu’il a été évacué à l’hôpital. Aussitôt nous nous précipitâmes à son chevet que nous fumes édifiés sur le déroulement de sa mésaventure. Il descendait de ces fameux cars « rapides ».

Alors qu’il descendait, le véhicule est soudainement reparti. Il est tombé sur la chaussée, inconscient, la tête ensanglantée par une hémorragie, et seul. Ses bourreaux, le chauffeur et « l’apprenti », n’ayant même pas eu la décence de s’enquérir de sa situation qui aurait pu être encore plus grave si les sapeurs pompiers, promptement alertés par des passants n’étaient pas arrivés assez vite.

Malheureusement, aucun témoin n’avait pu relever le numéro de la plaque d’immatriculation du car.

Combien de personnes se sont retrouvées confrontées à de pareilles expériences ? Combien d’entre elles s’en sont sorties ? Des victimes dont les bourreaux ne seront jamais inquiétés.

La passivité des autorités par rapport aux maux de la route est déconcertante. Il semble que l’anarchie y prédomine et l’injustice, la règle.

Les incidents qui ont suivi la mort d’un chauffeur de taxi, tué d’une balle par un autre conducteur le 27 octobre 2016, sont révélateurs qu’au Sénégal, les chauffeurs de transport méprisent les lois.

Loin de vouloir défendre ou justifier le crime commis par l’autre chauffeur, j’estime qu’un tel acte ne peut et ne doit être jugé et puni que par les autorités judiciaires.

Qu’est ce qui justifie que les autres chauffeurs barrent des routes ? Est-ce pour eux une façon de venger leur collègue ? Protester oui mais quand même en respectant au minimum les règles. En plus, qu’est ce que ceux qui se sont retrouvés piégés dans les bouchons ont à faire avec cette histoire ? Ils dénoncent de l’injustice en sapant le respect et la considération dus à leurs concitoyens.

Vraisemblablement, sur les routes à Dakar, les chauffeurs de transport ont pris le pouvoir.

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